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Chaudière gaz interdite dans le neuf à partir de 2027 : quel impact sur le budget de votre construction ?
Chaudière gaz interdite dans le neuf à partir de 2027 : quel impact sur le budget de votre construction ?
21 Octobre 2026

Chaudière gaz interdite dans le neuf à partir de 2027 : quel impact sur le budget de votre construction ?

Le décret n°2026-863 du 12 septembre 2026 change la donne pour le chauffage des constructions neuves. À partir du 1er janvier 2027, un seuil de 79 grammes de CO2 par kilowattheure d’énergie finale (en PCI) s’appliquera aux nouveaux équipements de chauffage, de refroidissement et de production d’eau chaude sanitaire. Dans les faits, cela écarte pratiquement les chaudières gaz dans le neuf.

Si vous prévoyez de construire une maison ou un logement, cette nouvelle règle va peser sur le choix de votre système de chauffage, donc sur le coût de votre projet et sur vos factures futures. Voici ce que cela change concrètement pour votre budget.

Qui est concerné par l’interdiction du gaz dans le neuf, et à partir de quand ?

Le décret n°2026-863 est pris pour application de l’article L.171-1 du code de la construction et de l’habitation et transpose des dispositions de la directive (UE) 2024/1275 sur la performance énergétique des bâtiments. Il fixe un niveau maximal d’émissions de gaz à effet de serre à respecter pour les équipements installés dans les constructions neuves.

Concrètement, le texte s’applique :

  • aux équipements de chauffage, de refroidissement et de production d’eau chaude sanitaire installés dans des bâtiments neufs ou des parties de bâtiments neufs,
  • dans le cadre d’une demande de permis de construire ou d’une déclaration préalable.

Le calendrier est progressif :

  • à compter du 1er janvier 2027 pour les constructions de bâtiments ou parties de bâtiments à usage d’habitation,
  • à compter du 1er janvier 2028 pour les constructions sous maîtrise d’ouvrage d’un organisme public (au sens de l’article L.235-1 du code de l’énergie),
  • à compter du 1er janvier 2030 pour les autres bâtiments.

Si vous déposez un permis de construire ou une déclaration préalable après ces dates, le choix de votre système de chauffage devra respecter ces nouvelles exigences, sauf cas de dérogation prévus par le texte.

Le seuil de 79 gCO2/kWh : pourquoi il exclut pratiquement les chaudières gaz

L’article 2 du décret insère une nouvelle section dans le code de la construction et de l’habitation, qui impose un résultat minimal de performance environnementale pour les équipements. Ce résultat doit être inférieur à 79 grammes équivalent CO2 par kilowattheure d’énergie finale en PCI.

Ce seuil repose sur un coefficient de transformation propre à chaque type d’énergie (gaz, électricité, réseaux de chaleur, etc.). En pratique, ce niveau est fixé de manière à :

  • empêcher l’installation, dans les constructions neuves, des chaudières à gaz,

Pour vous, futur propriétaire d’un logement neuf, cela signifie que les solutions de chauffage basées sur le gaz ou d’autres énergies fossiles ne seront plus prises en compte comme solution principale, car elles ne respecteront pas ce seuil de 79 gCO2/kWh.

Impact budgétaire : ce que cette règle change pour votre projet de construction

Le texte ne donne pas de prix, mais il permet de comprendre plusieurs conséquences financières pour un particulier qui construit.

Un surcoût possible à l’achat de l’équipement

Les systèmes qui respectent le seuil de 79 gCO2/kWh sont, en règle générale, des équipements plus performants sur le plan environnemental. Cela peut concerner, par exemple, des solutions électriques performantes ou des raccordements à des réseaux de chaleur conformes aux critères du décret.

Par rapport à une chaudière gaz classique, le coût d’achat de ce type d’équipement peut être plus élevé. Le décret ne chiffre pas cet écart, mais il acte que le gaz et, plus largement, les énergies fossiles ne sont plus la référence dans le neuf.

Des économies potentielles sur les consommations futures

En contrepartie, le fait de se tourner vers des systèmes plus performants sur le plan environnemental peut, à long terme, réduire vos émissions de CO2 et, potentiellement, vos consommations d’énergie. Le décret ne chiffre pas ces économies, mais il impose un cadre qui va dans le sens d’une baisse des consommations d’énergies fossiles dans les bâtiments neufs.

Dans une logique de revente ou de location future, un logement neuf qui respecte ces exigences pourra aussi, en principe, présenter un meilleur profil dans les diagnostics comme le DPE (diagnostic de performance énergétique) ou l’audit énergétique, ce qui peut peser sur la valeur de votre bien.

Les exceptions et dérogations : dans quels cas le gaz reste possible ?

Le décret n°2026-863 prévoit plusieurs cas où le seuil de 79 gCO2/kWh ne s’applique pas ou peut être contourné, ce qui peut limiter l’impact budgétaire pour certains projets spécifiques.

Équipements de secours et réseaux de chaleur

Le seuil ne s’applique pas :

  • aux équipements utilisés en secours (par exemple, un système qui ne fonctionne qu’en cas de défaillance du système principal),
  • aux équipements techniques raccordés à un réseau de chaleur ou de froid.

Dans ces cas, la contrainte sur le choix de l’énergie est moins forte. Si votre projet peut être raccordé à un réseau de chaleur ou si vous installez un système uniquement en secours, l’impact budgétaire lié à l’interdiction des chaudières gaz est donc différent.

Extensions de bâtiment et surfaces limitées

Le texte prévoit aussi des dérogations pour certaines extensions de bâtiments. La disposition ne s’applique pas :

  • en cas de non-conformité à des servitudes ou aux dispositions législatives ou réglementaires relatives au droit des sols ou au droit de propriété,
  • lorsque les travaux d’extension n’incluent pas l’installation d’un nouvel équipement de chauffage, de refroidissement ou de production d’eau chaude sanitaire, si la surface de l’extension est inférieure à 150 m² ou à 30 % de la surface du bâtiment existant.

Si vous agrandissez une maison existante sans installer de nouvel équipement et que vous restez sous ces seuils de surface, le cadre est donc différent de celui d’une construction entièrement neuve. L’impact financier lié au changement de système de chauffage peut alors être limité, voire nul, selon la configuration de votre projet.

Comment faire vérifier votre situation et sécuriser votre budget ?

Pour bénéficier d’une dérogation, le décret prévoit un dispositif précis. Le maître d’ouvrage (celui qui porte le projet de construction ou d’extension) doit justifier de la dérogation avec une note. Cette note doit être réalisée :

  • soit par un professionnel de l’installation des dispositifs de chauffage,
  • soit par un professionnel qualifié pour la réalisation de l’audit énergétique (audit demandé notamment pour certaines ventes ou pour accéder à des aides à la rénovation, selon le décret n°2022-780 du 4 mai 2022 auquel le nouveau texte se réfère).

Cette note doit être conservée pendant toute la durée de vie de l’équipement. Pour vous, cela signifie qu’avant de figer le choix de votre système de chauffage, il est utile de faire vérifier :

  • si votre projet entre dans le champ du décret n°2026-863 (construction neuve ou extension, type de bâtiment, dates de dépôt du permis ou de la déclaration préalable),
  • si vous êtes dans un cas de dérogation (équipement de secours, réseau de chaleur, extension limitée, contraintes de servitudes ou de droit des sols),
  • et, le cas échéant, de disposer d’une note claire et conservée, qui sécurise votre projet sur le plan réglementaire.

Un audit énergétique, ou un conseil technique appuyé sur ce cadre réglementaire, permet aussi d’anticiper l’impact budgétaire global : coût de l’équipement compatible avec le seuil de 79 gCO2/kWh, économies potentielles sur les consommations et cohérence avec vos futurs diagnostics (DPE, audit énergétique en cas de revente).

Conclusion : chaudière gaz et construction neuve, un choix de plus en plus limité

Avec le décret n°2026-863, la question « puis-je installer une chaudière gaz dans ma construction neuve à partir de 2027 ? » reçoit une réponse très encadrée. Pour les logements neufs dont le permis de construire ou la déclaration préalable est déposé à compter du 1er janvier 2027, le seuil de 79 gCO2/kWh exclut en pratique le gaz et les autres énergies fossiles comme solution principale.

Votre budget de construction devra donc intégrer, dès la conception, un système de chauffage et de production d’eau chaude compatible avec ce seuil, en tenant compte des rares dérogations possibles (secours, réseaux de chaleur, extensions particulières). Pour sécuriser à la fois le coût de votre projet et sa conformité réglementaire, il est pertinent de faire analyser votre situation au regard de ce décret et, si besoin, de faire réaliser une note ou un audit énergétique par un professionnel qualifié.

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